La fête à Macron n’aura pas lieu

La France est très friande de manifestations et de grèves. Notre réputation à l’étranger n’est d’ailleurs plus à faire ; nous sommes des mauvais garçons, fainéants qui veulent bosser à minima, brandissant d’un coup d’un seul la menace de l’arrêt de travail par la grève dès que cela nous arrangerait. Info ou intox, chacun se fera son opinion.

Je préfère ne pas aborder dans le détail ce que pensent de nous nos amis touristes pour ce qui est de notre accueil lors de leurs passages sur notre sol. Nous sommes, parait-il, très peu accueillant, et ne pratiquons que la langue de Molière, laissant ainsi nos visiteurs bredouiller leurs quelques mots et expressions de français puisque après tout, pourquoi viennent-ils en France s’ils ne parlent pas le Français – merde alors – !

Les habitants de ce pays sont donc râleurs, jamais satisfaits et en veulent plus, toujours plus !

Ils ont aussi une étrange habitude depuis quelques décennies. Ils élisent au suffrage universel des Chefs d’Etat tous les cinq ans, et ils manifestent quelques mois plus tard dans le tout Paris afin d’éviter la mise en place de leur programme.

Dès lors, peu étonnant qu’Emmanuel Macron, élu Président de la République en mai 2017, se fiche un peu des citoyens qui tapent du pavé en ces jours de mi-2018. Lui, il s’appuie sur les résultats des urnes qui l’ont mis là où il est, et même si je suis un de ses opposants, j’ai beaucoup de mal à le contredire à ce sujet.

Combien de Chefs d’Etat en France peuvent se targuer d’avoir fait ce pour quoi ils ont été élus ? Pas beaucoup, et à vrai dire, je n’en trouve aucun exemple…

Par contre, combien de Chef d’Etat par le passé ont baissé leurs pantalons dès lors qu’ils voulaient appliquer leur programme en réformant : un régime de retraite, les contrats de travail, les services publics, l’imposition etc… Ils finissaient par en perdre leur crédibilité car, après tout, ils avaient été élus par ceux qui les menacer de grèves monumentales ensuite.

La vérité est que les électeurs français sont devenus totalement schizophrènes.

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En effet, si Emmanuel Macron a été élu avec 66 % des suffrages exprimés en mai 2017 – contre 34 % pour Marine Le Pen – l’électorat réellement acquis par l’ex-banquier ne représente que 17 % de l’ensemble du corps électoral lors des législatives qui ont suivi. Allez comprendre…

Pire encore, des quelques 20.7 millions de bulletins de vote au profit d’Emmanuel Macron en mai 2017, combien sont-ils à avoir été réellement déposés en soutien massif à son programme et à sa personne ?

Combien de ces presque 21 millions de bulletins de vote ont été déposés non pas « POUR » un vote Macroniste – malgré la Macron-Mania qu’on nous imposait alors – mais au profit d’un « CONTRE » son adversaire, la bien nommée Marine Le Pen.

Cela ne fait donc plus de doute…

Les français sont bien devenus complètement schizophrènes avec leur carte électorale et le système démocratique de la Vème République démontre qu’il est à bout de souffle.

Un système qui permet l’élection d’un individu qui n’est pas souhaité, par le rejet d’un candidat qui porte un programme que l’on défend ensuite n’a aucun sens. Et pourtant, c’est bien ce que l’on vit en France.

Alors que faut-il faire ?

Pour ma part, je ne crois plus aux bienfaits – et parfois aux méfaits – des manifestations car elles ont perdu de leur impact en 2018. Emmanuel Macron n’est pas homme identique à ses prédécesseurs car il se sent investi, par son élection au suffrage universel, d’une mission quasi divine : celle de mettre en place ce pour quoi les français l’ont – croit-il – élu.

Il est des sujets qui fragmentent la population française qui connait à mon sens une crise sans précédent. Une division des masses populaires sur des sujets fondamentaux où personne ne semble d’accord avec l’autre. Il suffit de faire le tour de ses proches pour se rendre compte combien les sujets qui divisent sont les mêmes pour tous.

L’immigration massive voire de remplacement, le port du voile islamique, l’aide médicale d’Etat, les régimes spéciaux et la dépendance de la France à l’Union Européenne…

Je mets quiconque au défit de me prouver par A + B et de m’expliquer – comme si j’avais 10 ans – que les français sont favorables ou non sur les sujets précités. Les appels aux urnes sont tellement biaisés par le blocage à tout prix de l’adversaire qu’on ne sait plus où nous en sommes, qu’on ne sait plus ce que veut la majorité des citoyens.

La seule solution viable qui pourrait mettre tout le monde d’accord est pourtant très simple. Elle est imparable et répond selon moi à un fondamental absolu qui doit définir la démocratie : le référendum populaire.

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Mais cette solution est rejetée par les élites politiques car elle représente un danger, celui de ne plus être en accord avec leur propre programme (car eux non plus ne savent plus, tout compte fait, où en sont les français dans leur tête) mais aussi parce qu’il ne faut pas contrarier un projet européen mortifère pour les peuples et les nations – de moins en moins – indépendantes.

Si les français pouvaient se prononcer sur l’immigration et nos frontières, sur l’expression « excessive » de la religion dans l’espace publique, sur l’aide médicale d’Etat etc…, leurs réponses ne pourraient plus, ni par eux ni par les politiques, être remises en question. Moi-même, très à cheval sur la démocratie, je me plierai aux choix du plus grand nombre et plus rien ne me servirait de pédaler dans la semoule.

Seulement voilà, en dehors de nos élections pré-définies et pour lesquelles nous marchons sur la tête de manière schizophrénique, l’avis des peuples n’intéresse plus personne…

Les grèves et les manifestations semblent ne plus avoir d’impact et la prise en otage des clients et autres usagers des services publics n’atteint plus les esprits – bien pensants – de ceux qui nous gouvernent. Notre seule arme pourrait être la révolte, mais la révolte pure et dure, celle qui fait mal et où le sang coule. Celle où des morts seront à déplorer afin de débloquer des pensées arc-boutées en mode « J’ai été élu, donc je fais », et « Je fais, donc vous subissez ». En gros : vous l’avez voulu, vous l’avez eu !

Les français y sont-ils prêts ? La réponse ne m’appartient pas.

En attendant, continuons à voter dans ce qu’il nous reste de démocratie, mais oeuvrons à voter désormais POUR ce quelqu’un en qui nous croyons, et non contre cet autre en qui nous ne croyons pas.

🇫🇷 Xantiarius ❗

Voir aussi mon billet : https://xantiarius.com/2018/04/21/mai-68-mai-2018/