Tous entre quatre planches

Qu’on le veuille ou non, on finira tous entre quatre planches !

Que l’on souhaite être enterré, incinéré ou faire don de son corps à la médecine, l’image est la même, nous finirons tous entre quatre planches.

Que l’on soit élite de ce monde, blindé de pognon ou que l’on soit petites mains d’Apple à Zengzhou en Chine, on finira tous au même endroit : entre quatre planches, et en poussière !

Nous bénéficions tous d’un temps très court sur terre, un temps surtout très limité au regard de l’horloge de l’univers qui forme le tout qui nous entoure. S’il y a plus de galaxies dans l’univers que de grains de sables sur la planète bleue, le temps qui nous est accordé est infiniment bref voire quasiment inexistant au regard de cette horloge cosmique.

Et pourtant, nous sommes tous bouffés et accaparés par les petites préoccupations que nous nous sommes nous-mêmes créées. Par des préoccupations dont le grand créateur, à n’en pas douter, n’a que faire.

On se bat en politique, on se bat pour l’argent, pour sa santé, pour un travail à la con, pour élever – ou pas – ses enfants, pour s’acheter le dernier gadget à la mode, pour entretenir sa maison ou son héritage… et pire encore, on se dit sans cesse « vivement telle date » ou « vivement tel mois », pseudos instants providentiels qui devraient hypothétiquement enfin enchanter notre existence.

Et durant ce temps, les aiguilles tournent, insidieusement, elles nous rident et nous fragilisent, provoquant à petit feu la mort du corps déjà programmée. Mais qu’en est-il de l’instant présent ? De ce fameux carpe-diem dont le regretté Robin Williams nous parlait dans les poètes disparus ?

Il n’est plus… parce que le monde est fou et parce que  nous le cautionnons ainsi. Nous le cautionnons par nos actes irréfléchis et notre absence de réflexion.

Le niveau de pensée de la plupart des gens – et surtout malheureusement des jeunes générations – se cantonnent à présent à une réflexion à 140 caractères comme sur Twitter, sans aller plus loin, pour passer vite à la pensée suivante, abandonnant le bon sens que nécessitait la précédente.

Je vais vous dire un secret, un secret qui me concerne car même si je n’aime pas me dévoiler personnellement outre mesure sur la toile, il est temps que ce message sorte de mon for intérieur.

Un beau matin, j’ai eu comme un déclic, et j’ai compris que la vie ne valait pas la peine d’être vécue si elle se cantonnait au rythme que tout le monde connait et définit par l’expression : « métro/boulot/dodo ».

Je me souviens d’ailleurs que lorsque je disais cela à mes parents, la réponse était imparable : « C’est comme ça pour tout le monde ! ».

Je n’ai pas eu cette chance d’être heureux et de m’épanouir dans ma vie professionnelle. Je n’ai pas à en rougir pour autant mais rien ne vaut la peine d’être vécu sans épanouissement, là où les actes du quotidien rejoignent l’équilibre de l’âme.

Il fut un temps où je me moquais presque que des individus soient heureux en occupant des postes que je qualifiais de postes de « merde », pour un salaire qui ne l’était pas moins. Pourtant, étonnement, ils semblaient aller bien, ils semblaient être heureux et même si leur salaire et leur quotidien professionnel me dépassaient, ils étaient bien plus heureux que moi.

C’est alors que m’est venu à l’esprit le proverbe bien connu : « Heureux sont les simples d’esprit… ». Ne voyez pas l’emprunt de cette phrase comme une insulte à l’intention de ceux que je citais précédemment, mais juste une vérité.

Ceux-là ne se prenaient pas la tête – comme on dit -, en tout cas pas autant que moi pour des détails sans importance. Ils avaient une compétence que je n’avais pas : la relativisation. Ils s’en trouvaient donc psychologiquement bien supérieurs à moi.

Et puis, même si je n’ai pas eu – encore – à subir de décès de mes – très – proches, j’ai vu partir indirectement des gens dans mon entourage, et j’ai vécu par procuration le départ et la mort. Et ça, ça relativise les choses.

Nous finissons tous entre quatre planches, et les combats et les idéaux de ceux qui ne sont plus sont partis avec eux. Là où certains se croyaient indispensables, ils ne l’étaient pas, là où d’autres pensaient que le monde s’arrêterait, il ne s’est pas arrêté, là où certains pensaient que les vivants mourraient sans eux, ils y ont survécu.

On dit parfois que le bonheur doit se décider, et même si ce qu’en dira-t-on est beau à entendre et à écrire, il nécessite quand même de vivre dans un environnement où l’on peut s’épanouir, et sur ce point, nous pouvons quelque peu agir. La vie n’est pas faite pour que nous courrions après l’argent, la vie n’est pas faite pour que nous courrions chaque jour après tout et n’importe quoi. Il faut savoir s’arrêter et s’extasier, dire « stop », car après ce moment là, il n’y en aura peut-être plus aucun. La mort peut frapper, comme ça, d’un simple clic, maintenant, dans dix secondes ou dans vingt ans.

Je me rapproche de la nature et surtout de la mer, si apaisante, de mes passions, des gens que j’aime – et ils sont très très peu nombreux – et je laisse derrière moi ce qui m’a rendu malade et mis en souffrance.

La vie est un combat car nous en avons fait un combat, mais quoi qu’il en soit, nous finirons tous entre quatre planches. Seul un combat doit être mené : celui de vivre ! Vivre en plein accord avec soi-même.

Xantiarius 

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