Mémorable 14 juillet !

B_02_carte_14_juillet_drapeauLe défilé s’achève et il a tenu toutes ses promesses. Il nous a rappelé que la France était un grand pays, à l’histoire importante et répondant à des valeurs républicaines.

Après le défilé et comme chaque année, les 2 chaînes principales de télévision réalisent une interview du Chef de l’Etat. François Hollande tente alors de répondre aux critiques qui lui sont faites par David Pujadas et Gilles Boulleau. Il s’agace lorsqu’on lui parle du salaire de son coiffeur, dont la rémunération de 9900 euros mensuels a été dévoilée voici quelques jours par le Canard Enchaîné. Il s’agace également lorsque les deux journalistes lui parlent de son ministre de l’Economie, en la personne de Emmanuel Macron, qui se prépare vraisemblablement pour les élections présidentielles de 2017.

Mais peu importe tout ça, Martine et André savent bien que la parole du Chef de l’Etat n’a plus grande valeur en cette fin de quinquennat.

La journée se passe, elle est belle, le ciel est bleu et le mistral entêtant qui sévissait depuis quelques jours s’est bien estompé. Tous deux se disent que le feu d’artifice de ce soir ne devrait donc pas être reporté et qu’ils en profiteront. Ils se rendront au bord de mer, sur la promenade des anglais.

La soirée débute et le monde commence peu à peu à s’amonceler sur le bord de la Méditerranée, non loin de l’hôtel Negresco. Les gens viennent, de plus en plus nombreux, pour profiter d’une fête historique dont chaque français se doit de prendre part.

Le soleil disparaît peu à peu, laissant au loin paraître les doux reflets d’un astre qui semble fatigué et qui part se reposer pour revenir en pleine forme le lendemain.

Il est près de 22 heures et Martine et André se préparent pour rejoindre la foule et apprécier les fusées dans le ciel. Martine s’impatiente car André n’est pas très rapide pour se préparer et elle craint de manquer le début du spectacle. Le temps de passer une chemise soigneusement préparée par sa concubine, André finit enfin par lasser ses chaussures. « Bon, on y va oui ? » lâche-t-il alors à Martine qui ne peut lui répondre que par un soupire déconcerté. Ils sont comme ça tous les deux, c’est leur manière de fonctionner au quotidien.

Le soleil ne laisse paraître à l’horizon qu’un dernier éclat avant de s’éteindre pour quelques heures. Le couple arrive enfin sur la Promenade des Anglais et il se frait un chemin pour rejoindre un endroit où il pourra s’appuyer.

La foule grandit à vue d’oeil. Des marchands à la sauvette vendent des gadgets aux couleurs bleu/blanc/rouge, il y en a même qui clignotent à tout va et qu’il faut porter sur la tête. Les enfants sont ravis !

L’ambiance est sympathique, la température est agréable et tout le monde est présent avec un sentiment de liesse et de communion, c’est la fête de la nation après tout ! Tous les citoyens se retrouvent et s’unissent, ici à Nice, comme dans la plupart des grandes villes du pays.

Le soleil est à présent couché, il a épuisé ses forces pour cette journée et va se charger d’éveiller désormais d’autres fuseaux horaires. Tout le monde patiente et attend le lancement de la première fusée qui ouvrira le bal de ce feu d’artifices tant attendu.

Les enfants ont les yeux complètement écarquillés et les plus jeunes sont sur les épaules de leur papa. D’un coup, toutes les lumières de la promenade des Anglais s’éteignent, seules les enseignes des hôtels et des restaurants du front de mer restent allumées. C’est le signal que le spectacle va commencer. On entend ici et là des « aaaaah », puis des « enfin ! ». La liesse populaire est prête, et les artificiers le sont aussi.

La première fusée était bleue, puis explosa dans un second souffle en se vêtant en rouge, puis en blanc ! Les enfants étaient ébahis et ils vivaient ce spectacle comme s’il s’agissait d’un tour de magie tombé du ciel.

Les minutes s’égrainent et le spectacle est clairement apprécié.

Dix minutes déjà que la foule en prend plein les yeux et plein les oreilles. Bientôt 15 minutes et Martine se dit alors qu’il faudrait penser à s’éloigner de la foule de suite avant que tout le monde ne se mette à bouger après la dernière fusée.

Ils regardèrent, sans le savoir, l’avant-dernière explosion dans le ciel, elle détonna comme jamais et elle n’était que le prémisse de plein d’autres successives. Tant de bruit et de lumière ne pouvait que souligner la fin du feu d’artifices.

Ils s’éloignèrent tous deux, presque discrètement, et rentrèrent dans leur appartement à quelques dizaines de mètres de là.

Quelques minutes plus tard, remis de leurs émotions, ils entendirent des sirènes de police et de pompiers. Et au loin, des cris… ils étaient à l’abri et ne comprirent pas de suite ce qui se tramait non loin de là.

Les informations télévisées ne mirent que quelques minutes pour rapporter les événements. Sur les dernières minutes du feu d’artifice, un homme au volant d’un poids lourd, avait chargé dans la foule avant qu’elle ne se disperse. A l’endroit même où Martine et André avaient choisi de s’installer quelques minutes plus tôt.

Plus de 80 personnes perdirent la vie dans ce macabre geste, dont 10 enfants et adolescents. Tous écrasés par un camion fou piloté par un homme dont la nationalité était franco-tunisienne. Un homme certainement très dérangé, fini à la pisse, et dont la capacité mentale ne devait pas excéder celle d’une huître. Probablement influencé par les terroristes qui sévissent depuis des mois à travers le monde.

Cet homme sans humanité, qui se croyait certainement investi d’une mission divine liée au Allah, a lui aussi perdu la vie par l’action immédiate de la police qui, après maintes essais, a criblé de balles la cabine du véhicule. Et surtout, criblé de balles un homme déjà connu des autorités pour violences avec armes.

Le lendemain matin, lorsque l’information fut connue de tous, Martine et André reçurent de nombreux appels car leur entourage les savait à proximité de cette atrocité.

Les deux rescapés ne sont rien de plus que mon père et ma belle-mère. Lorsque j’ai appris au réveil ce qui c’était produit la veille au soir, à Nice, pour la première fois je me suis senti concerné par ces événements que les informations nous rendent tellement habituelles. Force est de constater que Martine et mon père ont peut-être tout simplement échappé à la mort en ce 14 juillet 2016.

Le matin même, lors de l’allocution du Président de la République, après le défilé sur les Champs Elysée, nous apprenions que nous allions sortir du plan d’urgence le 20 juillet 2016, je cite : « Nous ne pouvons pas rester éternellement dans le plan d’urgence ». Le lendemain, face à cet événement soudain et odieux, nous apprenions que le plan d’urgence était prorogé.

Je conclurais cet article en vous disant que depuis des mois, les journalistes et les politiques nous habituent à cette menace terroriste. Histoire que nous acceptions de vivre avec cette épée de Damoclès au dessus de nos têtes. Certains politiques affirment même que peu de choses peuvent être faites et que c’est l’histoire d’une génération, comprenez que ça ira mieux dans 25 ou 30 ans.

Ce texte résume bien le monde dans lequel nous vivons désormais. Les premiers responsables sont nos élus qui ne font preuve d’aucun courage politique et qui préfèrent jouer les voitures-balais plutôt que d’anticiper les faits.

Alors vivez sous la craintes des islamistes car la République Française manque de courage pour les combattre vraiment.

Et, si vous croisez un de ces tarés, offrez-lui un billet d’avion, en aller simple, en direction de sa terre ancestrale.

Xantiarius ❗